Depuis le début des années 1980 l’association locale ADAF Yungar développe des projets de préservation de la biosphère et de développement des activités d’agriculture et de pêche. A ce titre elle a constaté très tôt la salinisation croissante des sols et de ses eaux. Les vallées se sont ensablées, et sont devenues impropres à la riziculture.
ADAF Yungar a donc développé un plan de lutte contre l’avancée des langues salées dans les vallées. En ce qui concerne Yayème, commencées en 1997, les 3 premières phases de ce plan se sont concrétisées par la construction de 3 digues et de diguettes dans la vallée est de N’Damlor. En effet, cette vallée a un point haut à environ 2 km de l’estuaire, à partir duquel l’eau de pluie ruisselle vers Yayème. A partir de l’estuaire, sur le bras est qui est le plus large, une digue maçonnée d’environ 300m a été élevée. Une deuxième digue en terre plus à l’intérieur des terres, barre ce même bras sur 900m de longueur avec des diguettes perpendiculaires au nord qui délimitent des rizières. Plus à l’intérieur encore une troisième digue, en terre aussi, barre la vallée.

     

Nous avons constaté l’effet spectaculaire d’une digue efficace. Nous avions visité avant les travaux. Le sol des anciennes rizières était devenu blanc de sel et totalement stérile. Dès le premier hivernage il a été possible de re-cultiver du riz et le sol était jaune noir car rechargé d’humus. De plus ces étendues recouvertes d’eau durant plusieurs semaines en saison des pluies rechargent les nappes phréatiques en eau douce et repousse l’eau salée en profondeur.

Les digues et diguettes en terre sont érodées à chaque saison, par le passage des troupeaux en saison sèche, par les pluies courtes et torrentielles de l’hiver. Et le dispositif est incomplet puisque la branche ouest de N’Damlor n’est pas barrée.

Notre projet 3, pour lequel nous vous sollicitons, consiste, avec ADAF Yungar et avec des yayémois, en étape 1 à renforcer la digue amont en béton et les 3 digues de N’Damlor est De1, De2 et De3 ; en étape 2 à construire la digue Do2 ; en étape 3 à construire la digue Do1. C’est un projet certes de grande taille, mais où vous contribuerez, par la culture du riz, et par l’eau douce dans les nappes phréatiques et dans les puits,  à permettre à des centaines de villageois de continuer à vivre chez eux dans leurs villages qu’ils aiment.

En 2018 les yayémois au sein de l’O P (organisation des producteurs) JEG-JAM ont confirmé que la situation s’était encore dégradé tant au niveau des puits que au niveau de la végétation. Nous avons rencontré la CAREM qui a repris le soutien aux producteurs agricoles et finissait la réfection des digues et rizières de Fasaro où la nature et le riz ont remplacé les tannes stériles     

Mais la CAREM n’avait pas de programme pour la vallée de N’Damlor cruciale pour l’eau des puits  et pour la végétation à Yayème. Avec l’OP JEG-JAM après analyse de la situation et de nos moyens, nous avons décidé en 2019 de commencer par la digue en béton qui est petite, mais qui est la plus proche de Yayème. Les travaux ont été confiés à Mamcor un entrepreneur de Yayème. La rénovation a été prête pour la saison des pluies 2020. Dès la première année, à la faveur aussi d’une bonne pluviométrie, La zone en amont a pu être bien dé-salinisé et une nappe d’eau douce a favorisé la végétation et les cultures proches.

   

Toujours suivant le choix de l’OP JEG-JAM nous envisageons de continuer le sauvetage de la vallée de N’damlor en remettant en état la digue De1. Voir le plan ci-dessous.

Le choix de De1 est guidé par les réparations limitées à 2 batardeaux dont un pas complètement cassé. Voir les photos ci-dessous prises en pleine saison des pluies où le fort écoulement d’eau douce permet de se rendre compte du bon potentiel de cette digue

A elle seule la restauration de la digue De1 aura pour impact de:
1) reverdir environ 25 ha ( arbres, pâturage et fourrage)
2) dont 5 ha pourront servir à cultiver du riz pluvial (potentiellement 8000 kg / an = auto suffisance alimentaire en riz de 80 personnes durant 1 an)
3) alimenter des puits alentours via les lentilles d’eau douce souterraines
Nous espérons vos dons pour participer au financement des 3500 € de gros œuvre soit en utilisant notre formulaire de dons, soit au travers un Leetchi  Les yayémois se chargeront des diguettes de terre pour la culture du riz.